Souvenirs d’été #2

Ce n’est même pas un beau village, juste celui dans les ruelles duquel je jouais. Minuscule village, à la frontière belge, où il n’y a ni réseau GSM ni 3G. Juste des pâtures et des sapins à perte de vue.

Quelques jours là-bas, ou là-haut, comment ils disent là-bas, pour montrer à mon fils ce qui reste des vacances de mon enfance.

le chemin de la Louvière au bout duquel on imaginait que le fermier orchestrait un trafic de quelque chose – on avait déjà sans doute trop lu Le Club des cinq
le ruisseau/égoût où une copine avait entrepris de m’apprendre à nager
le noisetier dont les noisettes ne sont pas véreuses a été coupé
les coins à terre glaise pour faire des drôles de bonshommes
il n’y a plus de fermier, mais on stocke encore du foin
le troupeau de moutons, avec son unique mouton noir, qui sent mauvais mauvais mauvais
les pommiers dans lesquels je passais l’après-midi, mais je ne lui ai pas dit ce que j’y faisais
l’herbe vert fluo d’avoir tant reçu la pluieles cuisines dont les fenêtres donnent sur la rue et les jardins, derrière, où on fait sécher son linge propre en famille
les jardins, derrières, qui communiquent tous entre eux
la forêt que j’ai beaucoup trop oubliée pour oser m’y aventurer seule avec lui – c’est le problème quand on passe du Club des cinq aux faits divers
les paysages qui m’émeuvent et dont je n’arrive pas à rendre la lumière
le co-voiturage qui n’a pas attendu internet pour exister
et vivre au rythme de notre Mamie

Alors je continue d’abuser des filtres.

Qu’est-ce que je lisais, déjà ? Ah, oui, La Douceur de la vie.

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