Roxanne & Charlie

Hier, j’ai raté ma journée.

7h, le réveil sonne et j’ouvre les yeux, en vrai, à 7h30 : trop tard pour la gym suédoise. Je marmonne « C’est un échec ». J.C. marmonne « Meuh non tu as besoin de te reposer ». Je marmonne « C’est un échec ». « Meuh non ». « Si. J’ai pas besoin de me reposer, j’ai besoin que mes fesses entrent dans le même jean que mon .2« .« Meuh non »

C’est beau la vie à deux.

13h30. Retour à la maison après une expédition en terre inconnue (rive gauche – plein Ouest). Dialogue intérieur « ne reste pas sur un échec, va à la gym à 17h » . « ‘fait trop chaud. 17h, c’est blindé de monde. Tu as besoin de te reposer »… Epuisée, je m’écroule. Pas devant Maigret, mais limite. Je me réveille une heure plus tard avec une furieuse envie de chocolat. J’en mange et je renonce à aller à la gym… Allez trouver la logique dans tout ça.

Je sors, parce que sinon je sens que je vais déprimer.

Je commande un jus – c’est toujours bon, un jus. Celui-là, non. Maintenant que j’y pense, je crois que la serveuse s’est trompée. Je voulais pomme-carotte-betterave et je pense qu’elle m’a fait orange-carotte-betterave. Et je n’ai pas tilté. Décidément, même rétrospectivement, c’est le foirage complet.

Tout ça pour dire que quand je suis sortie, j’ai vu ce couple qui bouquinait. Roxanne et Charlie. Ils étaient beaux. Je les ai dérangés. Y a pas d’autre mot et j’en suis la première désolée. « It’s only the picture ? » m’a demandé Roxanne. « Ok pour la photo, mais c’est tout, hein ? », j’ai senti. Elle lisait Consider the Lobster and Other Essays de David Foster Wallace ; Charlie je ne sais plus, j’étais trop stressée du coup.

En même temps, je suis sûre que si je m’y étais mieux prise, on aurait pu papoter. Parce que plus je posais mes petites questions (prénoms, lecture en cours), plus je me sentais acceptée. Mais j’ai été bien incapable d’insister. En même temps, on ne peut pas faire une rencontre à chaque fois.

A la fac, j’ai lu Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. En gros, pour obtenir quelque chose de quelqu’un, il faut d’abord lui demander quelque chose de plus facile, qui le conditionne à dire oui. Hé hé. Genre demander à quelqu’un s’il peut garder ton caddie à la caisse avant de lui taxer du fric.

Pour mon prochain abordage, je vais mettre au point une technique.

Mais je la garderai pour moi. Hé hé.

6 Comments so far

  1. Petite, 31 mai, 2011

    y’a des jours comme ca …

  2. dominique pariselle, 31 mai, 2011

    Moi, c’est plutôt carotte-céleri-tomate-gingembre et une pointe de citron vert.La classe : le .2 dans la salle d’attente du médecin…….au lieu de Public ou Closers ……

  3. Anne-Laure, 1 juin, 2011

    @ Petite : merci, du coup je l’ai dans la tête depuis hier…
    @ dominique pariselle : la classe en effet.

  4. Malory, 21 juillet, 2011

    Il ya des jours ou on a envie de rester au lit …
    http://mesconfessionsparisiennes.wordpress.com :)

  5. Fanny - anosenfants, 28 juillet, 2011

    Tu sais c’est précieux ces petits moments de déprime… Sinon on n’aurait jamais écrit de beaux textes comme « J’ai touché le fond de la piscine dans ton p’tit pull marine, tout déchiré au coude, qu’j'ai pas voulu recoudre… » Finalement qu’est-ce qu’elle a inventé la gym suédoise ? Du disco ringard…

  6. Anne-Laure, 29 juillet, 2011

    @ Malory : des jours comme aujourd’hui ?
    @ Fanny : la gym suédoise ? En ce qui me concerne : la fesse galbée et le sourire béat, voire carrément niais pendant une bonne heure !

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