Room on fire

J’ai emporté Room en vacances.

- Alors vous, vous emmenez Room en vacances ?!? » m’a dit la libraire les yeux écarquillés genre « vous êtes pas un peu folle, vous voudriez pas prendre des lectures plus reposantes par hasard ? » Avant de ne pas me souhaiter de bonnes vacances : jalouse elle était.

Moi, pour me détendre, j’ai besoin que le livre soit bon et qu’il m’embarque.

Avec Room, je n’ai pas été déçue.
J’aurais pu ne pas sortir de ma chambre (« room » en anglais Ooooh) entre la première et la dernière ligne.

Heureusement que j’étais au bord de la mer, je n’ai pas décollé de mon transat, ce qui est plus sain que de rester enfermée. Heureusement aussi que Minichou était en période de fusion totale avec son père, mais ça c’est une autre histoire. Une histoire assez drôle d’ailleurs, puisqu’au bout de dix jours J.-C. m’a dit : « mais je ne comprends pas comment tu as lu six livres et moi aucun »… Moi je comprends pourquoi mais j’ai préféré ne pas répondre pour user à nouveau de pareille ruse lors de prochaines vacances.

Bref.

Tout commence avec ce point de vue inattendu : c’est Jack, cinq ans, qui s’exprime. Il vit avec sa mère. Il dort sous Madame Couette dans Monsieur Lit, regarde ses cheveux longs dans Monsieur Miroir, et mange ses céréales avec Grande Cuiller Fondue. Dans Madame Télévision, il découvre la vie sur d’autres planètes…

Je n’ai pas envie d’en dire trop. Je préfère vous laisser, comme à moi, savourer l’étonnement, l’effroi, le soulagement, l’étonnement encore que provoque ce livre. Vous laissez profiter de la tension savamment distillée au fil des pages et regarder le monde avec les yeux de Jack. Dévorer Room à belles dents comme je l’ai fait.

Emma Donoghue s’inspire de faits divers largement médiatisés, mais propose une parole que je n’avais pas encore entendue. Elle m’a renvoyé à mon rôle de mère comme jamais encore un auteur ne l’avait fait.

J’en ai parlé avec J. C. pendant chacune des courtes pauses que j’ai faites dans ma lecture. Je me sentais totalement habitée et dérangée par cette histoire.

Plusieurs semaines plus tard, c’est toujours le cas.

4 Comments so far

  1. Sabine, 4 novembre, 2011

    Bon ben, ma liste va encore se rallonger ;-)
    Bon week-end !

  2. La Ruelle bleue, 5 novembre, 2011

    Gniak, gniak… Maintenant, toujours sur la thématique de la mère mais avec un traitement très différent, tu peux enchaîner sur « rien ne s’oppose à la nuit » si tu ne l’as pas déjà lu… ça faisait longtemps que je n’ai pas autant pleuré à la suite d’une lecture…

  3. Anne-Laure, 7 novembre, 2011

    @ Sabine : bon week-end à toi aussi !
    @ La Ruelle Bleue : des larmes ???? Je fonce !

  4. Cajou, 29 janvier, 2012

    Encore un livre qui est dans ma PAL (j’aime rencontrer des blogueuses qui ont des PAL similaires à la mienne… ok on s’en fout mais voilà, moi j’aime bien). Et moi aussi j’ai envie de rencontrer Jack et d’être habitée par ma lecture. Février sera le mois qui verra sortir « Room » de sa boite, foi de Cajou !

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