Peter

Peter était installé en terrasse aux 2 Moulins, rue Lepic, vous savez, le café d’Amélie Poulain. Je suis passée dans un sens, et je me suis dit : « ma fille, ce n’est pas le bon moment. Un trio de pâtes te remettra d’aplomb avant d’aborder quelqu’un ».

Il faut dire que je ne suis pas loin de m’arracher les cheveux : ça fait deux semaines que je croise des lecteurs et que je n’ose pas leur parler… Pas le courage. Pauvre petite chose que je suis. Et comme toutes les occasions sont bonnes pour se faire un trio de pâtes, je suis allée tester Pepone, où je n’avais jamais mis les pieds. Ni bon ni chaleureux. Bref.

Ma chance dans cette histoire, c’est que quand j’ai pris la rue Lepic dans l’autre sens, Peter – je ne savais pas encore son prénom – était toujours en terrasse.

- Bonjour… jaiunblogblablablabla…
… estcequejepeuxvousprendreenphotoetquêtesvousentraindelire ?

- Oui, c’est un livre en anglais, ça va quand même ?
- Bien sûr, au contraire.

C’était A Home at the End of the World, de Michael Cunningham. J’ai tout de suite eu envie de le lire. En anglais ou pas ? Zat iz ze question.

- c’est lui qui a écrit Les Heures…
- … (ndlr : j’ai bien entendu, mais ça ne me parle pas)
- Les Heures
- Ah ! The Hours ! (ndlr : ch’uis bilingue, moi. ‘saviez pas ?). C’est bien ?
- Oui, c’est bien. C’est un peu… vieux…
- Et la lecture en angla… euh, vous êtes anglais ? (je vous répète que je ne savais pas encore que Peter s’appelait Peter)
- … américain.
- ah ? Comme j’entendais pas votre accent…
- on ne me dit pas ça souvent…

Merci Peter, je vous laisse reprendre votre lecture.

Si, pour me remettre de mes émotions, j’allais me faire un trio de pâtes à la Pignatta ? Ils savent de quoi ils parlent, eux.

8 Comments so far

  1. Petite, 11 février, 2011

    Ils sont quand meme super cools ces Ricains ! J’adore ses pompes,

  2. Anne-Laure, 11 février, 2011

    @ Petite : Tu m’étonnes. Pour ne rien te cacher, les pompes m’ont interpellée avant le bouquin !

  3. Chris, 11 février, 2011

    Faut qu’il met son tote dans la machine à laver quand même!

  4. dominique pariselle, 11 février, 2011

    Pourquoi tu n’oses pas leur parler? Moi j’oserais si j’avais lu le titre du livre avant!C’est pas parce que quelqu’un lit qu’il est forcément intéressant (le contraire est aussi valable!) mais, c’est sur,quand on entame une rencontre sur la lecture, ça brûle pas mal les étapes…..on voit vite à qui l’on a à faire!
    Moi, j’ai rencontré un américain à Paris(Au Pt’it bar à St Michel, il y a fort longtemps) qui m’a abordée en me demandant : « C’est quoi être cyclothymique, car je lis un livre sur Rousseau et il est écrit qu’il était cyclothymique »….ce fut le début d’une belle aventure!

  5. Anne-Laure, 11 février, 2011

    @ dominique pariselle : un beau début pour une rencontre en effet ! Pour ce qui me concerne, je ne sais pas… Il y a sans doute des jours où je me sens plus fragile et où il est plus compliqué d’aller vers l’inconnu. Pourtant je ne suis pas timide. Mais j’y travaille ! La preuve au prochain post !

  6. Antoine, 13 février, 2011

    Que cherchez vous par ses renconttres ?
    Draguez ou parlez de lecture ?

  7. Anne-Laure, 14 février, 2011

    @ Antoine : je suis sûre que J.C. sera d’accord avec moi si je vous dit draguer. Et puis d’ailleurs, je drague tout ce qui lit : hommes, femmes, ados dans mon salon !
    Non, Antoine, ce que je cherche, c’est à saisir en un instant des scènes de lecture. Voir comment le livre est vécu, qui lit quoi, de façon complètement aléatoire. Une sorte de micro-trottoir littéraire au gré de mes déplacement et de mon humeur. Peut-être que je cherche aussi des idées de lecture. Et à parler de lecture si le moment s’y prête. Mais ce n’est pas toujours le cas.

  8. Anne-Laure, 14 février, 2011

    @ Chris : ?

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