Pantouflard

J’ai mis un peu de temps à entamer Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, que B. m’a offert.

J’ai sans doute bien fait d’attendre le bon moment, car j’en ai parlé à J.C. tout au long de ma lecture. Cette histoire de vieux facétieux, qui prend tout ce que la vie lui offre et sait tirer partie de toutes les situations m’a accompagnée pendant quelques jours et elle avait tout pour me mettre de très bonne humeur.

Le jour de son centième anniversaire, Allan Karlson s’enfuit de sa maison de retraite. Il s’engage dans une aventure rocambolesque, sans doute la dernière, mais pas la moindre de celles, nombreuses, qu’il a vécu en un siècle.

« Il s’appelait Allan, il avait cent ans aujourd’hui et il était très alerte pour son âge, tellement alerte qu’il venait de se faire la malle de sa maison de retraite et qu’il avait volé sans le faire exprès  la valise sur laquelle il était assis, à un jeune homme qui devait être assez contrarié. Il ajouta que ses genoux n’étaient plus ce qu’ils avaient été et qu’il aimerait bien, si c’était possible, interrompre sa promenade pendant un petit moment.
Son histoire terminée, Allan attendit sans bouger la réaction de son interlocuteur.
- Voyez-vous ça ! dit en riant l’homme à la casquette. Un voleur !
- Un vieux voleur, précisa Allan, bougon.
L’homme à la casquette descendit le perron d’un pas souple et s’approcha du centenaire pour l’examiner.
- Tu as vraiment cent ans ? Alors tu dois avoir faim.
Allan ne saisit pas bien l’association d’idées, mais il avait effectivement faim. Il demanda donc ce qu’il y avait au menu et si par hasard il serait possible de boire aussi un petit coup. »

Il est aussi question de bombe atomique, d’éléphante en cavale, d’un vendeur de hot-dogs plus instruit que quiconque et d’un instructeur d’auto-école installé à Bali qui découvre un beau jour qu’en Indonésie, on roule à gauche.

Tout au long de ma lecture, je disais à J.C. : « c’est super drôle, là, il vient de sauver la vie du général Franco et là il est avec Truman, en train de rouler sous la table à force de boire de la tequila ». Je lui ai à peu près tout raconté, mais à vous, je n’en dit qu’à peine plus, si ce n’est que plus tard, beaucoup plus tard, il fait route avec Herbert Einstein, le frère stupide et suicidaire d’Albert et que ce personnage à lui seul vaut le détour.

Jonas Jonasson revisite le XXème siècle dans les pantoufles d’un centenaire qui, outre un bon sens bien particulier, un fatalisme à toute épreuve et un talent inné pour le maniement des explosifs, maîtrise mieux que quiconque l’art de retourner sa veste.

A lire pour se rafraîchir la mémoire, que le vieux a fort bonne par ailleurs.

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