Mina

Mina lisait La Musique de Mishima en en écoutant.

Quand je lui ai demandé de me parler de ce qu’elle lisait, elle m’a répondu :

- En fait, il était dans ma bibliothèque depuis pas mal de temps. Quelqu’un a dû me l’offrir… et je ne l’ai commencé que récemment. Ça se passe au Japon. Une femme vient voir un psychanalyste et tente de résoudre ses nombreux problèmes. Et on suit son analyse pas à pas, on explore son passé. Ça me plaît beaucoup.
- c’est la première fois que vous lisez un Mishima ?
- oui
.
- et pourquoi ça s’appelle La Musique ?
- ah, c’est parce qu’elle arrive chez son analyste en disant qu’elle n’entend plus la musique
(ndlr : ce que Mina ne m’a pas dit, c’est que Reiko, l’héroïne, est en fait frigide). Quand on lit la quatrième de couverture, ce roman est presque présenté comme un polar… (ndlr : en effet, j’ai lu ici et là mais je ne sais plus où que l’analyste entreprenait une véritable enquête pour comprendre le vécu de sa patiente et tenter de l’aider).

Puis, Mina m’a interrogée à son tour :

- alors, vous lisez ce que les gens que vous interviewez vous conseillent ?
- Hé bien oui, assez souvent finalement. Je ne m’y attendais pas du tout quand j’ai commencé le Street Reading, mais en fait, j’ai déjà lu, après certaines de ces discussions, au moins trois livres :
Les Revenants, de Laura Kasischke, Gatsby, Les Chutes, de Joyce Carol Oates. Et là, c’est pareil, vous me donnez très envie de lire La Musique (j’avais également en tête ma rencontre récente avec Florence… Nul doute que Motel Blues fera partie de mes prochaines lectures) J’aborde sans doute principalement des personnes qui lisent quelque chose qui m’attire…
- et vous lisez quoi en général ?

Alors là, je lui ai servi un embrouillamini de noms d’auteurs, dont David Vann, et de titres de livres, dont Le Livre de Dina, ainsi que de pays… et je me suis rendue compte que j’étais bien incapable de présenter simplement ce que j’aime lire. Il y a plein de choses que je ne lis pas, mais de là à pouvoir dire en deux mots quel genre j’aime…

Vous, qui me voyez lire, vous en diriez quoi ?

Ensuite, Mina a sorti un stylo pour écrire sur son livre le nom de ce blog. Je lui ai proposé un crayon de papier mais elle m’a dit en riant :

- Non, non, pas besoin, je ne suis pas très respectueuse !

J’avoue qu’en y repensant, je trouve ça sympa, de me dire qu’il y a un « jesuisvenuetelire.fr » quelque part dans les dernières pages de La Musique de Mishima…

5 Comments so far

  1. Sabine, 27 avril, 2012

    Difficile de dire en effet ce qu’on aime lire dans le détail, tant un lecteur aime lire des choses très variées (où serait le plaisir sinon ?)

    Mina, si tu passes par ici, sois la bienvenue !

  2. Thomas, 12 mai, 2012

    Je viens de découvrir ton blog, et je trouve cette idée de rencontres impromptues absolument géniale ! :)

  3. olivier, 15 mai, 2012

    Je suis content de voir que je ne suis pas le seul à s’enfoncer quand on me demande ce que j’aime lire… Soit je reste sec, soit je sors deux conneries, soit je veux parler de livres dont je ne me rappelle ni du titre ni de l’auteur. Bref, à chaque fois je passe pour un imbécile qui se la pète en disant qu’il adooore lire…

    Ps: crayon DE papier ou crayon A papier ? ;-) )

  4. Anne-Laure, 15 mai, 2012

    @ Sabine : c’est un peu comme « t’écoute quoi comme musique ? », qui me mettait super mal à l’aise quand j’étais ado… Surtout que je n’en écoutais pas !
    @ Thomas : hé bien merci, ça me motive !
    @ olivier : c’est un beau résumé de mon bafouillage quand j’ai tenté de répondre à la question de Mina. Ps : grrrrrrr… je vois que les bonnes habitudes ont la vie dure ! A papier bien sûr, mais figure toi que je viens de faire une recherche et que je suis tombée sur ça, sur Wikipédia, sous la rubrique Crayon :
    « Crayon « en papier »
    Dans le but d’économiser le bois, des essais sont faits régulièrement pour modifier la nature du support. Le papier a été utilisé : du papier enroulé autour de la mine assurait la tenue et la rigidité, et il suffisait de dérouler une bande de papier pour dégager une nouvelle portion de mine. Ce système évitait l’emploi du taille-crayon, mais obligeait quand même à un affûtage manuel de la mine. Aujourd’hui des crayons sont fabriqués avec du papier recyclé encollé de manière à lui donner une consistance qui permet l’usage du taille-crayon. »

  5. min ah, 16 mai, 2012

    Bonjour Anne Laure,
    Une belle rencontre dans le métro. Ton idée de blog me plait beaucoup et je pense que sa lecture me permettra d’avoir une réponse complète à ma question.
    Pour les livres, j’aime bien qu’ils portent les traces du temps passé ensemble (froissage dans le sac, moustique écrasé, humidité du bain et écritures en tout genre). Je déconseille fortement aux soigneux de me les prêter.

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