In cold blood

Ça y est, j’l'ai fait ! Et je peux vous dire que je n’ai pas été déçue… J’en avais très très envie depuis pas mal de temps, surtout après avoir vu la bande-annonce sur la page Facebook des éditions Gallmeister (bof, j’arrive pas à faire un lien, mais j’essaie, j’essaie. Du coup, hop, je l’ai partagé sur la page Je suis venue te lire…).

Ça y est, j’l'ai fait ! J’ai lu Totally Killer de Greg Olear.

Je connaissais le topo : en 1991, la sexy Taylor, 22 ans et fraîchement diplômée d’une université américaine, a du mal à trouver son premier job dans un New York sinistré par la crise économique. Elle carbure au Prozac et à la bière bon marché, vit en colocation dans un deux pièce minuscule bien sûr, et glauque à souhait avec Todd qui, bien qu’endossant le rôle de meilleur ami, la désire et la réconforte avec force massages du dos, en est à son treizième jour d’abstinence sexuelle quand elle trouve dans son courrier la brochure d’un cabinet de recrutement qui semble… différent. La flamboyante agence Quid Pro Quo affirme qu’elle lui trouvera le job pour lequel elle serait prête à tuer.

Vous avez bien lu.

Taylor va devoir tuer quelqu’un, car selon Quid Pro Quo, c’est la seule manière de libérer des places sur un marché de l’emploi saturé par les baby-boomers. Ça m’a fait penser au Couperet, le film joyeusement grinçant et à moitié absurde de Costa-Gavras où José Garcia joue un chômeur longue durée qui s’improvise serial-killer de candidats à l’emploi. C’est Todd, l’un des 77 amants de Taylor, qui nous raconte son histoire, 18 ans plus tard.

Donc, jusque là, je connaissais le topo. Sauf que d’un bout à l’autre, j’ai été surprise. Rien ne se passait vraiment comme je l’avais imaginé, aucun personnage ne réagissait comme je l’avais anticipé. L’intrigue est bonne, le propos cynique, avec en filigrane, une délicieuse théorie du complot.

Comme Todd ne mâche pas ses mots, Totally Killer offre en outre une joyeuse litanie de petites phrases bien senties, mordantes à souhait et une description assez minutieuse du New York des années 90. Je n’y étais pas, mais j’ai la vague intuition que ça devait ressembler à ce qui y est écrit. Il y flotte aussi un parfum vague de nostalgie qui n’est pas désagréable. C’est pop. Un peu kitsch aussi. J’adooooore.

« Pour avoir l’air d’avant-garde en 2009, il suffit d’acheter vos vêtements chez Urban Outfitters et de ne plus vous coiffer. En 1991, cela demandait du travail. A cette époque-là, le style « rétro » n’existait pas. pour trouver des fringues dans le coup, il fallait faire le tour des boutiques d’occasion : Manic Panic, Screaming Mimi’s, Andy’s Chee-Pees, sans oublier ce bon vieux magasin de l’Armée du Salut. De cette façon, si vous trouviez un truc cool, vous étiez sûrs que c’était unique. Mais allez vous dire, comment pouviez-vous savoir qu’un truc était cool ? Eh bien, si vous passiez suffisamment de temps dans St. Mark’s Place, vous arriviez à comprendre cela par osmose, comme vous arriviez à comprendre qu’il y avait une façon de marcher d’un pas décidé, de lancer un regard furieux aux chauffeurs de taxi, de ne pas dire bonjour à tout le monde ».

« Les Beatles ? Mais comment pouvez-vous détester les Beatles ?
- Des vendus dénués de talent, tous. C’est les baby-boomers qui en ont fait des dieux. L’apothéose de John, Paul, George et Ringo. C’est eux qui ont acheté leurs albums, c’est eux qui ont rempli les stades, c’était eux le public visé – et ils le sont encore. Eux, pas nous. Ni vous ni moi. notre musique se retrouve marginalisée. Duran Duran ça craint. The Smiths, ça craint. Guns N’ Roses, ça craint. Mais les Beatles, eux, ils chient de la crème glacée. (…) Dans un monde parfait, Chapman aurait tué Lennon vingt ans plus tôt et il nous aurait épargné à tous cette honte nationale qu’a été la Beatlemania ».

« - MTV travaille sur une nouvelle émission, Todd. Un concept complètement différent. Révolutionnaire, d’après eux. Ils ont loué un loft dans SoHo, et pendant trois mois, ils vont y faire vivre sept personnes qui ne se connaissent absolument pas. Des caméras vont enregistrer tout ce qui va se passer, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. [...]
Ma première réaction fut de penser que c’était l’idée la plus stupide qui ait jamais été émise. Qui regarderait une émission de télé qui n’a pas de script ? »

Qui hein ? Qui ?

Bilan : sourire aux lèvres permanent, difficulté à lâcher le bouquin, furieuse envie de reprendre la lecture même après plusieurs heures de sevrage, erreur d’aiguillage dans le métro (mais c’est pas grave, je ne suis pas la seule), retard au boulot and Co.

Le deuxième roman de Greg Olear devrait sortir en 2012. Sorry Gallmeister, je vais essayer, mais je ne suis pas sûre que j’arriverai à patienter jusqu’à la traduction…

5 Comments so far

  1. amanda, 26 avril, 2011

    tes photos sont toujours aussi chouettes Annne Laure :) j’ai bien aimé aussi, peut-être moins enthousiaste que toi, mais je lirais aussi le prochain :)

  2. Anne-Laure, 26 avril, 2011

    @ amanda : j’ai adoré tartiner mon CV de ketchup…

  3. [...] « en 1991, la sexy Taylor, 22 ans et fraîchement diplômée d’une université américaine, a du mal à trouver son premier job dans un New York sinistré par la crise économique. (…) elle trouve dans son courrier la brochure d’un cabinet de recrutement qui semble… différent. La flamboyante agence Quid Pro Quo affirme qu’elle lui trouvera le job pour lequel elle serait prête à tuer. » (Extrait du billet d’Anne-Laure) [...]

  4. La Ruelle bleue, 2 mai, 2011

    Vendu ! (et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…) J’ai trop envie d’avoir le rictus accroché aux oreilles…

  5. Anne-Laure, 2 mai, 2011

    @ La Ruelle Bleue : alors j’attends ton avis. Mais attention aux rides. Le rictus accroché aux oreilles, ça pardonne pas !

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