Histoire d’un oubli

Il m’est arrivé un truc bête.

Il y a deux semaines, je suis allée à la librairie. J’ai essayé d’ignorer le chou hurlant qui trônait dans la poussette que j’avais traînée d’un bout à l’autre de l’arrondissement, car il FALLAIT que j’achète un bouquin. Un truc qui m’attraperait autant que certaines de mes lectures récentes. J’ai demandé conseil, car c’est quand même là qu’on m’avait conseillé mon premier Mankell et puis une librairie où les libraires ont les yeux qui brillent, c’est bien.

Donc, tout en ignorant le chou hurlant, j’ai dit au libraire que je venais de lire Les Chutes, que j’avais adoré. Et je ne sais plus quel autre livre je lui ai cité. Aussitôt, il m’a conseillé L’Histoire de l’amour de Nicole Krauss. On s’est mis d’accord sur le fait que le titre était vraiment nul, mais il m’a dit que c’était un très bon roman. Comme le chou hurlait, j’ai vite décidé de lui faire confiance. Et, L’Histoire de l’amour me tentait vraiment – malgré son titre pourri.

J’ai attaqué la lecture dans le métro. Il m’a fallu dix pages à peine pour être émue. Je me voyais déjà en train d’écrire une note enthousiaste, de vous dire qu’il m’avait fallu dix pages à peine pour être émue.

L’Histoire de l’amour est un roman qui croise les destins de plusieurs personnages.

Quand j’ai attaqué la lecture d’une deuxième partie, qui ne traitait pas du même personnage que la première, j’accrochais moins, mais pas au point d’arrêter ma lecture. Puis, un soir, j’ai dit à J.-C. :

- « tu sais, il me dit quelque chose ce bouquin… »
- « ben tu l’as peut-être déjà lu »
(l’homme, cet animal rationnel…)
- « meuh non… »

Et j’ai repris ma lecture.

Sauf que 20 pages plus loin, ça me turlupinait sérieusement. J’ai même fini par me dire que c’était du plagiat. Que j’avais sans doute lu une histoire similaire, dont Nicole Krauss aurait pu s’inspirer. Rohhhhhhhhhhh, j’étais en train de découvrir une supercherie. Si seulement je me rappelais où j’avais lu ça.

Puis, j’ai regardé dans ma bibliothèque.
Cette bibliothèque devant laquelle je passe à peu près ma vie quand je suis à la maison. Cette bibliothèque que je connais par cœur.

Il était là.

L’Histoire de l’amour, mais pas en poche, dans son édition française Gallimard du monde entier. Je n’en avais aucun souvenir. Je serais bien en peine de vous dire ce qu’il s’y passe. Ou même si ça m’a plu. Que voulez-vous, on ne rajeunit pas.

Pfff. Ben du coup, j’ai arrêté de le lire.

Ça vous est déjà arrivé, à vous ?

6 Comments so far

  1. Sabine, 2 septembre, 2011

    Une fois, ça m’est arrivé de réemprunter à la bibliothèque un livre que j’avais déjà lu. Très frustrant comme expérience : tu penses découvrir un nouveau livre d’un de tes auteurs préférés, mais crotte-zut-flûte, tu le connais déjà et ton enthousiasme retombe d’un coup.
    Je compatis. ;-)

  2. ilham, 2 septembre, 2011

    Oh oui. Ca m’est arrivé une fois (Middlesex de Eugenides) et j’ai eu une réaction bizarre quand je me suis rendue compte de mon étourderie : j’ai éprouvé de la colère et m’en suis voulue.
    Comment faire pour ne pas se souvenir d’un roman qu’on a lu et aimer ?
    C’est un souvenir et une sensation qui me hantent souvent…encore aujourd’hui…même si bien d’autres romans sont passés « sous les ponts » depuis.
    Très bizarre comme sensation. Vraiment.

  3. freude, 3 septembre, 2011

    Uniquement avec les séries policières, j’en lis tellement que je finis par me mélanger les pinceaux pour savoir où j’en suis dans chaque « série »; résultat, j’en achète certains en double et il m’est arrivé deux ou trois fois de commencer à en lire un que j’avais déjà lu, mais je m’en aperçois dans les 50 premières pages.

  4. Anne-Laure, 5 septembre, 2011

    @ Sabine : le pire, c’est que ça m’était déjà arrivé récemment, avec Javier Marias. Une libraire pas très aimable m’avait refourgué Un cœur si blanc, que j’avais déjà lu.
    @ ilham : le pire (encore), c’est que je me souviens très bien des romans que je n’ai pas aimés…
    @ freude : il m’a fallu 125 pages…

  5. L’emprunteuse, 6 septembre, 2011

    Ca m’est déjà arrivé, mais j’ai relu le livre en entier, la loose, d’autant que je ne l’avais pas trouvé terrible la première fois, « un coeur simple » de Zweig il me semble, à ma décharge le livre est très court, je pense qu’il n’a même pas 125 pages.
    Quoiqu’il en soit, je suis bien contente que tu aies acheté ce livre en double, puisque c’est moi qui en bénéficie :-) , et que pour le moment je le trouve charmant.

  6. Anne-Laure, 6 septembre, 2011

    @ L’emprunteuse : ben tant mieux. J’en suis ravie !

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