Héritage

Hier avec Jaja on est allées voir The Descendants, d’Alexander Payne. La bande annonce ne me faisait pas plus envie que ça et je craignais de m’ennuyer devant ce film résolument aux antipodes des codes colorés et fleuris traditionnellement associés à Hawaii – même si j’aurais justement fui un film adoptant l’imaginaire colliers de fleurs et eaux turquoises associé à Hawaii.
Mais après tout, ces jours-ci j’ai le temps d’aller au cinéma et puis George, quoi.
J’avais un souvenir très mitigé de Sideways, dont j’étais sortie en ne sachant pas trop si j’avais aimé ou non. Dans The Descendants, j’en ai retrouvé la nonchalance très particulière. Et ce que j’aurais pu prendre pour trop de lenteur – même si le temps ne m’a pas paru long – m’apparaît avec 24 heures de recul comme plein de justesse.
Soyons honnêtes, George n’avait jamais été aussi peu sexy, même chez les frères Cohen (là, il court comme une femme en stilettos, et pas l’une de celles qui participent aux courses en talons…). Mais après tout, on s’en fout.
Il incarne un homme prudent – « donne à tes enfants assez pour faire, mais pas assez pour ne rien faire » est sa devise – dont la vie bascule quand sa femme est victime d’un grave accident.
Le voilà face à ses deux filles, l’amant de son épouse dont il découvre tout juste l’existence (nan mais sérieux, tromper George, c’est pas abusé ????), les parents de celle-ci, leurs amis et pour une toute autre raison ses nombreux cousins qui attendent de lui qu’il les mette pour toujours à l’abri du besoin.
Dans bien des films, il y aurait eu un contrat sur la tête de l’amant, ses deux filles auraient sombré dans la drogue et une miraculeuse intervention de l’Etat aurait modifié la loi qui force la famille de George à vendre ses dernières terres vierges sur Kauai.
Mais là, non.
The Descendants colle plus à la réalité que ça.
C’est-à-dire que les crises d’hystérie et les cassages de gueule ne sont pas forcément légions dans la vraie vie – foi de presque introvertie. Il y a des hommes qui retiennent leurs poings et des gamines qui savent prendre leurs responsabilités quand la vie les y contraint. Des gens qui pensent qu’il est parfois plus important de bien dire au revoir que de régler ses comptes, d’autres incapables de dire ce qu’ils ont sur le cœur dans la souffrance ou dans le deuil.
George incarne un homme tout en retenue, qui pèse ses décisions, et est parfois un peu perdu – d’où sans doute cette maladroite course, terriblement humaine finalement… Il incarne un homme. Point. Et cette mesure, dosée avec soin, amène un véritable apaisement.
Bref, dans The Descendants, Hawaii est brumeux et pluvieux. Il y a même des gens qui y vivent.
Allez,
Bécots !

2 Comments so far

  1. solenn amber ou josiane, 23 février, 2012

    J’ai adoré ce film, j’ai terminé pour cause de grosses larmes, démaquillée comme un panda toxico, et j’aurais donné cher pour avoir mes lunettes de soleil dans mon sac car j’avais les yeux comme si je sortais d’un match de boxe avec une conjonctivite. Bref j’ai adoré.

  2. Anne-Laure, 28 février, 2012

    @ solenn amber ou josiane : j’aimerais être souvent à ce point émue, mais c’est si rare que je pleure à chaudes larmes !

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