Gilles

Samedi, je suis sortie de mon cours de danse plus hirsute et rouge que jamais. Il faut dire qu’on répète un spectacle auquel je ne pourrai pas participer mais je me donne à méga-fond comme si je devais en être parce que c’est trop bien cette choré sur Cabaret, je vous jure, je me croirais dans Fame, ou Un, dos, tres pour les plus jeunes – oui, j’ai regardé des séries pour ado très longtemps.

Bref. Je suis entrée dans le métro et juste après moi, une femme qui lisait Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. J’ai eu envie de l’aborder, mais trop hirsute et encore essoufflée, j’ai laissé tomber.

Par contre, après ma correspondance, j’avais un peu pâli et mes cheveux étaient retombés. Je me suis sauvagement jetée sur un strapontin parce que j’ai plus de jambes, moi, après la danse, même qu’à la fin du cours je me déplace en rampant par terre entre deux passages et j’ai jeté un coup d’œil impoli par-dessus l’épaule de Gilles pour voir ce qu’il lisait. Ça m’amuse de voir si je reconnais un texte sans avoir vu la couverture. J’ai vu les noms de deux ou trois personnages… Benny, Julius, Mabelle… Ça a fait tilt : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire !

Cette fois, j’ai saisi l’opportunité.

Gilles m’a expliqué qu’il avait choisi ce livre au hasard dans une librairie, poussé par un besoin irrépressible de lire. La couverture ? Comme moi, ce vieux en grenouillère rose l’avait laissé un peu perplexe, mais le titre l’avait interpellé.

- Vous lisez beaucoup ?
- Je dirais que je lis depuis environ douze ans mais que c’est par période. Je me considère comme un très jeune lecteur
- Et alors, ce vieux ?
- Finalement, il me plaît bien. J’ai mis un peu de temps à rentrer dedans, car je trouve que c’est un peu long à démarrer, mais depuis une centaine de pages, je ne le lâche plus, je m’amuse beaucoup. J’ai failli rater ma station de métro, tout ça… Ce qui me fait le plus rire, c’est la manière dont il réécrit l’Histoire. J’aime particulièrement le caractère du vieux quand il est jeune et la façon dont il se laisse porter par les événements.

J’ai dis que je trouvais ce roman tellement drôle que j’avais racontée à J.-C. les aventures du vieux au fur et à mesure de ma lecture. Puis j’ai cherché à savoir où Gilles en était exactement, et je me suis rendue compte que mes souvenirs étaient un peu confus. En même temps, c’est pas comme si j’étais bonne en Histoire.

Gilles m’a ensuite expliqué que la veille, dans le métro, il s’était retrouvé nez à nez avec un autre lecteur et qu’il en avaient parlé, du coup.

Puis, pour rester sur le même thème, Gilles m’a raconté une autre anecdote :
- un autre livre qui m’a vraiment fait rire, c’est La Contrebasse, de Süskind. J’étais dans le métro et j’ai tellement éclaté de rire qu’un type qui était en face de moi m’a demandé ce que je lisais. C’est tellement bien vu sur le milieu de la musique classique et sur la vie des musiciens, que je connais assez bien !
- ah oui, je l’ai lu je crois, mais je pense que je cherchais un peu trop
Le Parfum, que j’avais adoré et que du coup, je n’étais pas très réceptive. Mais c’est génial, vous me donnez envie de le relire.

Puis, j’ai laissé Gilles sortir à sa station.

Je n’allais pas laisser une nouvelle fois ce vieux l’empêcher de descendre !

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