Des hommes et une femme

Il faut quand même que je vous parle de La cinquième femme. Parce qu’on parle de la forme et patati-patata, on en oublie le fond.

Je lis assez peu de thriller. Pourtant, je les apprécie presque systématiquement. Être profane rend sans doute moins exigeant…

J’ai trouvé celui là excellent.

Autant dans la forme, que dans le fond. Et je ne parle pas du .2 cette fois.

J’ai trouvé la narration parfaite même si c’est bien le moins que l’on puisse attendre d’un roman noir, enquête oblige… J’ai retrouvé aussi toutes ces choses qui sont propres aux livres du genre que j’ai lus et qui font que je les aime :

• un enquêteur professionnel à moitié dépressif et épuisé. Solitaire
• des réunions qui n’en finissent pas
• un temps de chien
• une liste de cadavres qui s’allonge et une enquête qui n’avance que pas à pas
• la méthode. Je veux dire, cette façon qu’ont les enquêteurs de s’installer seuls dans leur bureau à la nuit tombée, après être passés à la machine à café, et de reprendre un à un les éléments de l’enquête, souvent les mêmes d’une session de travail à l’autre. De coucher leurs idées sur le papier, plusieurs fois, pour 1/ ne pas les laisser s’échapper 2/ les digérer et 3/ élaborer des hypothèses. Ah ! (soupir) Si j’étais aussi méthodique (soupir)
• un bon mobile, la vengeance
• un meurtrier au profil inattendu
• des victimes aux profils inattendus. Je ne vous dirai rien de plus que la quatrième de couverture : « Les victimes sont des hommes : empalés, étranglés, noyés. Ils n’ont rien en commun, mis à part peut-être leur brutalité »

En toile de fond, la Suède (miam, le Nord, parfait pour moi) et quelques considérations sur l’état du pays, les moyens des forces de l’ordre, l’horreur croissante des crimes dans une société qui semble pourtant bien fonctionner… Un regard sur tout ça qui m’a apporté le début d’un éclairage sur les récents attentats en Norvège… Quand j’ai entendu la nouvelle, je ne sais pas trop pourquoi, j’ai immédiatement pensé à une piste locale, motivée par un combat politique ou idéologique quelconque. Sans doute mes lectures scandinaves ont-elles largement nourri cette intuition… Brrrr, froid dans le dos.

Et puis c’est pas tout ça, mais maintenant, j’ai un problème de marque-page, moi.

9 Comments so far

  1. Aaliz, 27 juillet, 2011

    Pour le marque-page, pourquoi pas un ticket de métro ?

  2. Anne-Laure, 27 juillet, 2011

    @ Aaliz : J’en subtiliserai un à mon prochain candidat au Street Reading !

  3. LaPuce, 28 juillet, 2011

    Je corne la page… Ca laisse des traces… Comment on a vécu le livre !

  4. Anne-Laure, 28 juillet, 2011

    @LaPuce : mais ça va pas ou quoi !?! C’est maaaaaaaal de corner les pages. Quant à moi, si je faisais ça, mon livre serait corné toutes les 5 pages environ, vu la longueur de mes plages de lecture… J’ai trouvé une option sympa : l’autre jour, n’ayant rien d’autre sous la main, j’ai glissé un petit élastique à cheveux entre les pages. Depuis, à force de le tripoter, je l’ai passé autour du livre, comme on serrerait une liasse de billets (j’ai jamais fait ça, mais un jour peut-être) et il marque la page. J’avoue que je trouve ça assez cool.

  5. Aaliz, 29 juillet, 2011

    Ah tiens ? C’est astucieux ton idée de l’élastique ! Et au moins il ne risque pas de glisser comme le ticket de métro … :D

  6. laitue, 1 août, 2011

    C’est le premier Henning Mankell que tu lis? Si la réponse est non, passe au dernier paru : L’homme inquiet. Magnifique.

  7. Anne-Laure, 2 août, 2011

    @ Aaliz : j’en suis assez contente en effet ! Il peut même marquer la ligne si on s’y prend bien…
    @ laitue : ma liste s’allonge de jour en jour, Chaussures italiennes, L’homme inquiet… Je vais finir spécialiste de Mankell. Ou juste accro, ce qui n’est déjà pas mal.
    Merci pour tous vos conseils !

  8. Rubia, 15 août, 2011

    Je lis assez peu de thriller moi aussi. Il faut que je lise celui-là.
    Comme toujours, super manière de raconter « votre » histoires. C´est très intéressant comment vos lectures scandinaves ont nourri votre intuition sur le cas de Breivik…
    J´adore je « Brrrr, froid dans le dos ». :) Et aussi votre sac!

  9. Anne-Laure, 17 août, 2011

    @ Rubia : Zara, été 2011 !

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