A mi-pente

Bon.

Shantaram est un best-seller mondial.

On ignore de ces choses parfois.

J’avoue que la 4ème de couv’ m’avait mise sur la voie : « Traduit en 31 langues et publié dans 90 pays, best-seller mondial (…) ».

Mais comment expliquer qu’une obsédée littéraire passe à travers un phénomène pareil ? Je n’ai pas de réponse, seulement d’hypothétiques hypothèses. Alors je vais vous dire ce que j’en pense, moi, de Shantaram.

« Blablablablabla… Je viens d’ouvrir un merveilleux roman ». Hé oui. Parce que Shantaram m’a emmenée dans l’un des voyages les plus riches qu’il m’ait été donné de faire.

Avec Lin, j’atterris dans le Bombay des années 80. Je monte dans un car qui m’emmène en ville, rencontre Prabaker, le guide qui deviendra si cher à mon cœur, la mystérieuse Karla, par les yeux verts de laquelle tout commence. Je me dissimule sous une fausse identité. Découvre une cité, « sauvage et excitante ».

« Par dessus tout, Bombay était libre – d’une liberté exaltante. Je voyais cette atmosphère dépourvue de toute contrainte, partout où je regardais, et je me suis rendu compte que j’y répondais de tout cœur. Même la bouffée de honte que j’avais ressentie en voyant les bidonvilles et les mendiants des rues pour la première fois se dissipait à mesure que je comprenais que ces hommes et ces femmes étaient libres. Personne ne chassait les mendiants de la rue. Personne ne bannissait les habitants des bidonvilles. Leur vie était peut-être pénible, mais ils étaient libres de la vivre dans les mêmes jardins et avenues que les riches et les puissants. Ils étaient libres. La ville était libre. Je l’adorais ».

Evadé d’une prison australienne, forcément épris de liberté, Lin s’installe dans un bidonville, justement, y tient un dispensaire pendant plusieurs mois, avant de rejoindre l’un des gangs mafieux qui se partagent le territoire urbain.

Parfois, je suis un peu crispée par son côté rebelle au cœur tendre, le genre j’ai-connu-l’enfer-aujourd’hui-je-comprends-la-vie. Mais Shantaram est inspiré de la vie pour le moins hors du commun de son auteur, Gregory David Roberts, évadé de prison, qui passa 10 ans en Inde avant d’être repris en Allemagne. Comme toujours face à ce genre de texte, je me demande quelle est la part de vérité, quelle est la part de fiction.

Mais pas trop.

Car j’ai envie de croire à tout ça, j’y plonge sans prendre le temps de respirer.

Une humanité profonde déborde de chaque page. Peu à peu, ma chambre en est inondée. Je vibre, je ris, je pleure, j’ai parfois un sourire aussi large que celui de Prabaker. Je ressens l’Inde, moi qui n’y suis jamais allée. Shantaram est magnifiquement vivant.

Pourvu, pourvu que je n’arrive pas trop vite à la fin.

Mais alors, je pourrais peut-être me consoler avec Shantaram, le film, qui sortira peut-être en 2011 et dont le personnage principal sera peut-être interprété par Johnny Depp. Des infos ?

10 Comments so far

  1. ANGELA DONAVA, 18 novembre, 2010

    Je veux lire ce livre!!!

  2. Anne-Laure, 18 novembre, 2010

    @ ANGELA : je ne peux que t’y encourager. Reviens m’en parler après, ou pendant !

  3. Esther (Magazine Egg), 22 novembre, 2010

    Merci pour cet avis, ça me donne envie de le lire!!

  4. Anne-Laure, 22 novembre, 2010

    @ : Si tu as envie, un peu de temps et une bonne librairie, ça ne devrait poser aucun problème. Lis le vite, avant que le film sorte !

  5. Clo, 10 décembre, 2010

    après plusieurs tentatives, suite à ton lancement dans cette aventure, je m’y suis replongée, j’ai terminé hier soir avec tristesse, malgré une luxation de l’épaule, due au sur poids de mon sac depuis 3 mois…

  6. Anne-Laure, 10 décembre, 2010

    @ Clo : moi non plus, j’aime pas quand ça s’arrête. Même si le soulagement était de taille !

  7. Catherine, 22 décembre, 2010

    Pourquoi pas… ?
    Si tu aimes l’Inde, je te conseille Mes sacrées tantes, de Sharma Bulbul (recueil de 8 nouvelles).

  8. Anne-Laure, 22 décembre, 2010

    @ Catherine : merci pour le conseil, je le note aussi.

  9. Solenn, 19 mai, 2011

    Quel superbe découverte qu’est ton blog, très très chouette. J’ai regardé toutes tes chroniques, je crois qu’on a qu’une lecture commune:

    http://mescontemplationsetmesdigressions.over-blog.com/article-shantaram-gregory-david-roberts-60015330.html

    A ta différence, même si j’ai globalement bcp aimé ce livre, j’y émets qd même quelques réserves d’ordre principalement « ophtalmologiques »…

  10. Anne-Laure, 20 mai, 2011

    @ Solenn : je propose la création du semi-semi-poche, police 18.

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